YZ raconte Amazone | J’ai cherché les guerrières du passé pour parler à celles du futur

YZ raconte Amazone | J’ai cherché les guerrières du passé pour parler à celles du futur


Dans l’actuel Bénin, pendant la première guerre franco-dahoméenne dans les années 1890, il y avait un régiment de femmes combattantes, les Amazones de Dahomey, femmes protégée par le roi lui-même. Choisies pour leur physique robuste et athlétique, guerrières intrépides qui tranchaient la tête des soldats français, elles étaient socialement assimilées aux hommes.
griot-magazine-yz-yseult-senegal-amazone11L’artiste française YZ Yseult a voulu rendre hommage a ces combattantes hautement qualifiées à travers un projet réalise en Sénégal il y a quelques mois: les visages de ces guerriers imprimés sur papier de soie ont été symboliquement affichés sur les murs des maisons, cantines, restaurants, lieux tenues par des femmes, en s’intégrant avec ces paysages domestiques et leur supportes.
On a parlé avec YZ pour en savoir plus.

Récrire l’histoire sur les murs, rendre la mémoire à un peuple, inspirer les femmes africaines. Amazone est un projet d’art public, mais aussi une campagne sociale visant à reconstruire le passé. Quelle a été la réaction des femmes sénégalaises?
Un peuple qui à la mémoire courte est un peuple qui n’a pas d’avenir“, David Gakunzi.
Que ce soit pour l’Afrique ou bien n’importe qu’elle autre confinant, nous avons besoin de connaître notre passé, de savoir qui nous sommes pour nous construire, connaitre nos blessures ainsi que nos victoires. L’Afrique connait une évolution rapide et c’est important qu’elle puisse s’inspirer des ses femmes et de ses hommes qui ont fait la force de ce territoire.

Dans le cadre du projet Amazone, il est apparu évident que les passants était sensibles à leur histoire et très curieux du nom que portrait les portraits que je posais sur les murs.
griot-magazine-yz-yseult-senegal-amazone10Les femmes, tout autant que les hommes, validaient la démarche. Néanmoins, cette série de portrait étant réalisée en papier, cela en fait un support très éphémère. Ce qu’il reste c’est une photographie de l’oeuvre in situ, dans son contexte, qui peut, par la suite, être diffusé. C’est au final de medium qui touche le plus grand nombre de personnes et c’est à ce moment là que j’ai ressenti un réel intérêt pour le sujet et son importance par les femmes mais également par les hommes, sensible ou non à la culture africaine.

Ce projet propose une image de l’Afrique forte, digne, courageuse et surtout féminine, autrement différente que l’image souvent véhiculée par les médias occidentaux, par exemple.

La relation que tu as avec les espaces s’instaure à travers l’art public, en particulier par la technique du pochoir, celle que tu utilises le plus souvent. Quelle est ta relation avec l’Afrique, et, par conséquent, avec les surfaces sur lesquelles tu choisis d’intervenir?
Je suis venu pour la première fois en Afrique, au Sénégal plus particulièrement, lorsque j’avais 20 ans pour y habiter durant une année. Ce voyage s’accompagnait d’une recherche identitaire que je souhaitai réaliser. Effectivement en plus d’être anglo-française, mon grand père était également guadeloupéen. Par la suite, j’ai parcouru de nombreux pays d’Afrique.

Cette culture ancestrale m’a passionnée et m’a permis de me construire. La place des femmes m’a également beaucoup inspirée. Je pense qu’elles sont la force de l’Afrique et de son avenir.
griot-magazine-yz-yseult-senegal-amazone6Ainsi le choix des surfaces dans le cadre du projet Amazone, c’est fait assez intuitivement. Beaucoup de cantines sont tenues par des femmes, elles y vendent du pain, y tiennent un restaurant, etc. Je trouvait ainsi le support tout à fait approprié au projet, une manière de mettre en valeur l’histoire de ces femmes qui ont marquer l’histoire en parallèle avec le quotidien de ces femmes du Sénégal.
griot-magazine-yz-yseult-senegal-amazone2Le support sur lequel j’interviens doit de toute manière venir en résonance avec le sujet que je traite. C’est d’ailleurs en ce sens que j’utilise du papier de soie, un papier très fin qui laisse apparaître la matière du support et donc son histoire.
griot-magazine-yz-yseult-senegal-amazone7griot-magazine-yz-yseult-senegal-amazone8Amazone semble une suite naturelle d’un autre projet consacré aux femmes de Guadalupe “Back to the Roots”. Tu es en train de réaliser d’autres projets consacrés aux femmes?
Il y a une continuité dans les projets que j’entreprend. Ces choix sont définis par mon histoire et donc celle que j’écris. Effectivement “Back to the roots” s’inscrit dans la ligné de ces projets qui valorisent notre culture. Le projet amazone parle des femmes en Afrique mais c’est également un projet qui peut se transposer dans d’autre pays, d’autre confinant.
Back to the roots-yz-street-art-yezult-griot-magazineD’une manière générale, les femmes m’inspirent qu’elle soit contemporaine ou bien d’un autre siècle. Leur combat, leur courage, leur experience de vie m’accompagne dans mes choix de vie, mes convictions et j’espère que des projets comme celui seront faire communiquer ces valeurs.
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La réalisation des œuvres a été difficile ? Tu t’es cacheé?
Je ne me cache plus pour réaliser mes installations dans la rue depuis bien longtemps. Il est tout à fait possible d’aller voir les gens, leur parler du projet et les faire participer à l’écriture du projet en leur demandant l’autorisation. En ce sens j’ai d’ailleurs rencontré de nombreuses femmes. Parfois dans certains quartier, les réactions pouvaient porter à polémique, mais d’une manière générale les habitants étaient assez réceptif au projet, à partir du moment ou on leur expliquait l’intention.

Credits | YZ
YZ art

(Article by Virginia Marchione)

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